Le nombre de visiteurs au Vietnam augmente chaque année, le pays doit donc repenser son modèle touristique pour préserver ses paysages. L’écotourisme permet aux voyageurs de découvrir les merveilles naturelles vietnamiennes en contribuant activement à leur protection. Par ailleurs, avant de partir, renseignez-vous sur quand voyager au Vietnam pour profiter de ces régions au meilleur moment, sans aggraver la pression en haute saison.

Les répercussions environnementales du tourisme traditionnel au Vietnam

Le développement touristique rapide du Vietnam a généré des pressions environnementales importantes sur ses environnements les plus fragiles. Les destinations phares du pays subissent les conséquences d’un tourisme de masse insuffisamment régulé, menaçant la biodiversité qui fait la richesse naturelle du territoire vietnamien.

La dégradation des milieux marins dans la baie d’Halong et dans l’archipel de Cat Ba

La baie d’Halong, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, subit une forte pression du tourisme, qui accueille chaque année plusieurs millions de visiteurs. Cette fréquentation intense contribue à la dégradation de la qualité de l’eau, notamment en raison des rejets provenant des bateaux touristiques et d’une gestion insuffisante des eaux usées. L’ancrage répété des embarcations et la circulation maritime dense fragilisent également les fonds marins et les habitats coralliens.

Sur l’archipel voisin de Cát Bà, l’expansion des infrastructures touristiques entraîne une fragmentation progressive des habitats naturels. Cette situation menace le langur à tête dorée, une espèce de primate endémique parmi les plus menacées.

L’érosion des sentiers de randonnée dans le parc national de Sapa et les montagnes de Hoang Lien

Dans le parc national de Hoàng Liên, autour de Sapa, la fréquentation touristique croissante exerce une pression notable sur les sentiers de randonnée. Le passage répété de milliers de visiteurs chaque année accélère l’érosion des chemins traditionnels, souvent aménagés depuis des générations pour relier les hameaux de montagne. Cette usure fragilise également les structures en pierre sèche qui soutiennent les célèbres terrasses de riz.

Les communautés Hmong et Dao rouge, qui entretiennent ces paysages agricoles depuis des siècles, observent une dégradation progressive de certaines zones cultivées en raison du piétinement, du ruissellement et de la modification des sols. En même temps, la concentration de visiteurs dans certains villages modifie parfois les pratiques culturelles locales en activités destinées au tourisme, ce qui peut altérer l’authenticité des modes de vie traditionnels.

La pollution plastique dans le delta du Mékong et les zones côtières de Phu Quoc

Dans le delta du Mékong, l’un des principaux bassins agricoles du Vietnam, la pollution plastique du tourisme fluvial devient une préoccupation croissante. Les déchets abandonnés par les visiteurs s’accumulent dans les canaux et les rivières, où ils menacent la faune aquatique et perturbent les milieux naturels locaux.

Sur l’île de Phu Quoc, la production de déchets augmente rapidement. Les autorités locales estiment que l’île génère chaque jour plusieurs centaines de tonnes d’ordures, dont une part importante est due aux activités touristiques. Les plages, autrefois peu fréquentées, sont aujourd’hui régulièrement touchées par des déchets rejetés en mer puis ramenés par les courants.

Cette pollution plastique fragilise les herbiers marins et les récifs coralliens, des habitats indispensables à la reproduction et à l’alimentation de nombreuses espèces de poissons. Elle affecte également les communautés de pêcheurs, confrontées à des filets de plus en plus encombrés de détritus.

La pression démographique sur les communautés ethniques Hmong et Dao rouge

Dans les régions montagneuses du Nord du Vietnam, les villages Hmong et Dao rouge, l’arrivée quotidienne de groupes de visiteurs exerce une pression importante sur ces zones fragiles. La demande en eau augmente, la production de déchets s’intensifie et de nouvelles constructions apparaissent parfois sans véritable régulation. Certaines familles utilisent leur maison traditionnelle pour en faire une boutique ou un hébergement pour touristes.

Cette évolution rapide modifie également les dynamiques sociales au sein des communautés. De nombreux jeunes, attirés par les revenus du tourisme, délaissent l’agriculture ou l’artisanat, créant une dépendance économique envers un secteur vulnérable aux crises sanitaires, climatiques ou géopolitiques.

Les destinations d’écotourisme certifiées au Viêtnam

Le Vietnam développe activement un réseau de destinations d’écotourisme certifiées, où la protection de la biodiversité et l’inclusion des communautés locales sont des priorités. Ces sites pilotes sont des points de repère concrets pour organiser un séjour vraiment responsable pour un voyage seul ou un voyage en groupe.

La réserve de biosphère de Can Gio et l’observation des primates langur

La réserve de biosphère de Cần Gio, souvent surnommée le « poumon vert » de Hô Chi Minh-Ville, s’étend sur plus de 70 000 hectares de mangroves restaurées et reconnues par l’UNESCO. La gestion du site privilégie la protection des écosystèmes, avec des parcours aménagés sur pilotis et des circuits fluviaux balisés afin de limiter l’effet sur les zones les plus sensibles. L’observation de la faune, notamment des macaques et d’autres espèces typiques des mangroves, se fait sous la supervision de guides formés aux pratiques d’écotourisme.

Les autorités locales encadrent les activités touristiques, notamment en limitant l’usage des embarcations motorisées dans certaines zones afin de réduire les nuisances. Par ailleurs, les communautés de pêcheurs et d’ostréiculteurs proposent des balades en barque traditionnelle ainsi que des services de restauration locale.

Le parc national de Phong Nha-Ke Bang et la spéléologie responsable

Le parc national de Phong Nha–Ke Bang, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, abrite l’un des plus vastes systèmes de grottes au monde, dont la spectaculaire Son Doong. Pour préserver ces formations karstiques, l’accès à certaines grottes est limité à un nombre restreint de visiteurs chaque année, exclusivement accompagnés par des agences locales agréées et des guides spécialisés. Les groupes sont volontairement réduits, le matériel est contrôlé et les règles de non‑dégradation sont appliquées avec rigueur.

Les revenus issus de ces expéditions contribuent au financement de la surveillance des zones protégées, à la formation des rangers et au soutien des communautés voisines engagées dans des activités compatibles avec la conservation.

Le sanctuaire de Cuc Phuong et les programmes de conservation des pangolins

Cuc Phuong, le plus ancien parc national du Vietnam, est aujourd’hui l’un des principaux centres de conservation du pays, notamment pour les espèces menacées comme les pangolins. Le parc abrite plusieurs structures spécialisées qui recueillent des animaux victimes du braconnage ou du commerce illégal, les soignent et, lorsque leur état le permet, les réintroduisent dans des zones protégées. Les visiteurs peuvent découvrir ce travail à travers des visites guidées pédagogiques, sans contact direct avec les animaux afin de limiter le stress et les risques de transmission de maladies.

Le parc a développé des circuits d’écotourisme axés sur la botanique, l’observation des primates et la visite des grottes calcaires. Ces activités sont très encadrées. Les visiteurs doivent respecter les sentiers balisés et ne doivent en aucun cas nourrir la faune sauvage. En choisissant Cuc Phuong comme étape de voyage, les visiteurs contribuent au financement des programmes de conservation et à la sensibilisation aux liens entre trafic d’espèces, déforestation et changement climatique.

L’île de Côn Đảo et la protection des tortues marines

L’archipel de Côn Đảo est aujourd’hui l’un des principaux sites de protection des tortues marines au Vietnam, en particulier de la tortue imbriquée, classée en danger d’extinction. Le parc national y gère plusieurs plages de ponte où les nids sont surveillés chaque nuit. Lorsque les œufs risquent d’être submergés par la marée ou menacés par l’érosion, ils sont déplacés vers des nurseries protégées jusqu’à l’éclosion. Certains hôtels et centres de plongée soutiennent ces actions en finançant du matériel ou en sensibilisant leurs visiteurs.

Les sorties d’observation de la ponte ou de la libération des jeunes tortues sont très encadrées ; le nombre de participants est limité, il est interdit d’utiliser un flash et les distances de sécurité doivent être rigoureusement respectées.

Les moyens de compensation carbone pour les voyageurs

Voyager de manière plus responsable au Vietnam implique aussi de prendre en compte l’empreinte carbone de son déplacement, notamment lorsqu’on choisit l’avion pour s’y rendre.

Le calcul de l’empreinte carbone des vols internationaux

Un aller-retour Paris–Hanoi ou Paris–Hô Chi Minh-Ville correspond en moyenne à 3 tonnes de CO₂ par passager, selon l’appareil et la classe de voyage. Ce chiffre, parfois difficile à appréhender, correspond pourtant aux émissions annuelles de chauffage d’un petit appartement bien isolé. Pour obtenir une estimation plus exacte, il est possible d’utiliser les calculateurs proposés par les compagnies aériennes ou par les plateformes de compensation carbone, qui prennent en compte les escales, les distances exactes et le taux de remplissage.

La priorité est de réduire au maximum l’empreinte carbone du voyage, en privilégiant un vol direct en évitant la classe affaires et en privilégiant sur place des moyens de transport moins polluants. La compensation vient ensuite, en complément, pour soutenir des projets qui permettent d’absorber ou d’éviter une quantité équivalente d’émissions à celles du vol.

Les programmes de reforestation avec l’ONG Forest Trends

Au Vietnam, l’ONG Forest Trends mène depuis de nombreuses années des actions de restauration forestière, de protection des bassins versants et de soutien aux communautés rurales qui dépendent de la forêt. Certains de ses programmes de reboisement et d’agroforesterie peuvent être financés par des contributions de voyageurs dans le cadre de systèmes de compensation carbone. Pour chaque tonne de CO₂ émise par un vol, une somme est investie dans la plantation et la gestion durable d’arbres au sein de projets suivis sur le long terme.

En choisissant de compenser via Forest Trends ou d’autres ONG locales fiables, les voyageurs soutiennent le stockage de carbone, la lutte contre l’érosion, la préservation des ressources en eau et le renforcement de la résilience des villages exposés aux tempêtes et aux glissements de terrain.

Les projets d’énergie renouvelable soutenus par la Banque mondiale au Vietnam

La compensation carbone peut aussi passer par le soutien à des projets d’énergie renouvelable, qui évitent des émissions futures en remplaçant des centrales à charbon ou à gaz. Au Vietnam, la Banque mondiale et d’autres bailleurs internationaux accompagnent le développement de parcs solaires, éoliens et de systèmes de biomasse durable, notamment dans les régions côtières du Centre et dans le delta du Mékong. Certains de ces projets sont certifiés et génèrent des crédits carbone que les voyageurs peuvent acheter via des plateformes spécialisées. Financer un parc solaire ou éolien revient à soutenir une production d’électricité propre qui, sur plusieurs décennies, permet d’éviter la combustion de grandes quantités de charbon.

Les plateformes de compensation certifiées Gold Standard et Verified Carbon Standard

Les plateformes reconnues utilisent des labels sérieux comme Gold Standard ou VCS (Verified Carbon Standard). Ces certifications garantissent que les projets sont transparents, vérifiés et qu’ils n’auraient pas vu le jour sans votre financement. Vous pouvez ainsi connaître le type de projet soutenu, son emplacement, la quantité de CO₂ compensée et la manière dont votre contribution est utilisée.

Avant de choisir une plateforme, vérifiez qu’elle propose des projets au Vietnam ou dans la région, et qu’elle publie des audits indépendants. Méfiez‑vous des offres trop vagues ou trop bon marché : compenser une tonne de CO₂ pour quelques centimes n’est pas crédible.

La mobilité durable et les transports écoresponsables

Une fois au Vietnam, votre manière de vous déplacer influence fortement votre empreinte carbone. Vous pourrez choisir des modes de transport plus sobres comme le train, le bus, le vélo ou le bateau traditionnel qui vous permettront de vivre une expérience plus authentique et plus proche de la vie locale.

Le réseau ferroviaire, même s’il n’est pas parfait, relie les grandes villes du nord au sud : Hanoi, Hué, Da Nang, Nha Trang ou encore Hô Chi Minh-Ville. Prendre un train de nuit plutôt qu’un vol intérieur permet de diminuer son empreinte, d’économiser une nuit d’hôtel et de partager le trajet avec des familles vietnamiennes, des étudiants ou des travailleurs. Dans les campagnes, le vélo et la marche permettent de découvrir les paysages en allant à la rencontre des habitants.

Les hébergements écocertifiés et les pratiques durables

De nombreux hôtels, homestays et lodges adoptent aujourd’hui des pratiques écologiques (labels internationaux ou d’initiatives locales) comme les critères de tourisme vert de l’Association du tourisme vietnamien.

Un hébergement sérieux mettra en place des actions concrètes telles que la réduction du plastique jetable, le tri des déchets avec des filières locales, la limitation du changement de linge, l’éclairage basse consommation, les panneaux solaires ou la récupération des eaux de pluie.

Un hébergement de qualité vous proposera de déguster une cuisine élaborée avec des produits de saison provenant de fermes voisines et encouragera ses clients à adopter des gestes responsables (utilisation modérée de la climatisation, mobilité douce, respect du voisinage).

Le tourisme communautaire et la préservation culturelle ethnique

Voyager de manière plus responsable au Vietnam, c’est aussi prendre en compte la portée sociale et culturelle de son séjour. Dans de nombreuses provinces rurales, le tourisme communautaire, une forme de tourisme vert centrée sur les habitants, place les communautés locales au centre du projet. L’hébergement chez l’habitant, les repas préparés avec les produits du jardin, les ateliers d’artisanat ou la participation aux travaux agricoles génèrent des revenus directs pour les familles et valorisent leurs savoir‑faire.

Dans les villages Tay, Thai, Hmong ou Dao, les projets sérieux sont élaborés avec les communautés elles‑mêmes. Elles définissent les règles de visite, les zones privées, le nombre de groupes accueillis et gèrent des fonds communautaires alimentés par une partie des revenus touristiques. En choisissant ce type de séjour, vous soutenez un modèle de tourisme vert qui renforce l’autonomie des villages plutôt que de les rendre dépendants d’investisseurs extérieurs.

Le respect de la culture locale est indispensable. Il est recommandé de demander la permission avant de photographier, d’adopter une tenue adaptée, d’éviter l’achat d’objets sacrés et d’apprendre quelques mots de vietnamien ou de langue locale. En vous comportant comme un invité plutôt que comme un consommateur, vous contribuez à faire du tourisme un moteur de fierté culturelle.